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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 11:17

Ultraman est réapparu sur son blog. Voici les dernières nouvelles.


 

Les habitants reviennent dans la zone d'évacuation de 20 km et TEPCO se débrouille pour contaminer des réservoirs flambant neufs

 

 

Le 1er avril est le premier jour de la nouvelle année fiscale au Japon. On dirait que c'est approprié [Ultraman fait référence au poisson d'avril, note d'Hélios].


Les habitants qui ont été forcés de quitter leurs maisons du quartier de Miyakoji dans la ville de Tamura peu de temps après le début de l'accident nucléaire le 11 mars 2011 ont l'autorisation, dès le 1er avril, de revenir. Ils sont les premiers de l'ancienne zone d'évacuation interdite dans le rayon de 20 km depuis la centrale de Fukushima.

NBC News aux US publie un article de Reuters dont le seul sensationnalisme est dans le titre (Miyakoji n'a jamais été un "point chaud") ; l'article rapporte autrement simplement les faits, et de manière surprenante, avec des chiffres de taux de radiation qui apparaissent rarement dans les articles des médias dominants américains sur l'accident de Fukushima, ou sur n'importe quel accident nucléaire.

C'est une nouvelle plaisanterie. Non parce que le gouvernement japonais renvoie les habitants dans une zone "chaude" (comme le dit l'article de Reuters, ce qui est trompeur) au bout de trois "courtes" années, mais parce que les habitants de Miyakoji n'auraient jamais dû être obligés de partir.

Les niveaux de radiation de Miyakoji, même si la ville est dans le rayon des 20 km, ont été généralement bien plus faibles que dans de plus grandes cités du tiers moyen plus peuplé de la préfecture de Fukushima, où les habitants n'ont jamais été obligés d'évacuer. Tout cela est dû à la décision non-scientifique, avec une mauvaise information des ministres de l'administration Kan de tracer des cercles concentriques autour de la centrale pour décider de la zone d'évacuation – comme si l'accident de la centrale nucléaire était une détonation de bombe atomique et comme s'il s'était produit sur une région plate un jour sans vent.

D'après NBC News citant Reuters (1er avril 2014 ; c'est moi qui souligne) :

Des familles de Fukushima rentrent chez elles dans la "zone chaude"
L'achèvement du travail de décontamination a permis à des habitants d'une petite partie de la zone d'exclusion de Fukushima de rentrer chez eux mardi, juste un peu plus de trois ans après qu'ils aient été obligés à s'exiler.

La réouverture de la zone Miyakoji de Tamura, une ville intérieure de la région nucléaire sinistrée, marque une petite étape pour le Japon dans ses efforts de réhabilitation après les catastrophes de 2011.

Mais l'événement est une étape majeure pour les 357 habitants enregistrés du district. Le retour des évacués souligne aussi bien le désir des gens de retourner vers le hameau forestier que la difficulté de revenir à la normale.

"De nombreux amis et voisins ne reviendront pas", dit Kimiko Koyama, 69 ans, en parlant de son retour à la grande ferme qu'elle occupait depuis 50 ans, pendant que son mari Toshio, 72 ans, tentait d'installer une antenne de télévision sur le toit.

"Il n'y a pas de travail. C'est embêtant et les jeunes ont peur des radiations". Ma fille n'amènera pas nos petits-enfants ici à cause des radiations".

Quelques voitures ont sillonné la ville mardi, où plusieurs camions de chaînes TV ont été installés. Quelques femmes âgées étaient assises au bord de la route, mais il n'y avait ni enfants ni familles en vue dehors.

Les écoles ouvriront plus tard dans la semaine, mais sept enfants sont venus dans le local scolaire provisoire et quatre enfants plus âgés ont été déposés, car des bénévoles de chez TEPCO ont enlevé la glace et la neige et aplani la cour de récréation.

Les niveaux de radiation de Miyakoji sont entre 0,11 microsievert à 0,48 microsievert par heure, indique une lecture de février.

C'était plus élevé que les 0,034 microsievert par heure moyens mesurés au centre de Tokyo lundi, mais comparable à la radiation de fond d'environ 0,20 microsievert/h de Denver. Un vol commercial entre Tokyo et New York expose les passagers à environ 10 microsieverts par heure.

Les gens exposés couramment aux radiations ont un risque plus élevé de faire un cancer si les doses dépassent 100 millisieverts (100.000 microsieverts), dit l'OMS.

Le retour à la maison de lundi est particulièrement difficile, car de nombreux résidents travaillaient à la centrale de Fukushima avant la catastrophe et dépendaient de TEPCO pour des emplois stables.

"C'était le seul travail ici et nous étions reconnaissants", dit Kimiko Koyama. "Nous travaillions dur pour nourrir nos trois filles. Nous avons travaillé et construit notre vie ici".

Les Koyama, qui ont aidé à la construction des réacteurs nucléaires qui les ont obligés à quitter leur maison, laissent la ville conserver des débris radioactifs dans un endroit désert sur leurs terres pour tenter de hâter le nettoyage.

Les Koyama chez eux, photo de Reuters :


 

Miyakoji-Reuters4-1-2014.jpg

 

 

Au Japon, vous n'entendez pas trop parler de la peur des radiations comme raison pour ces habitants de ne pas revenir. Le souci n'est pas les radiations (dont les niveaux sont plus faibles que dans des villes comme Fukushima et Korriyama dans le tiers moyen), mais l'économie locale.

 

Comme l'article de Reuters le mentionne brièvement, l'emploi dans le district dépendait fortement de TEPCO. Mais ce n'est pas juste l'emploi. Les habitants avaient l'habitude d'aller à Okuma-machi et Futaba-machi voisins, les deux se trouvant dans la zone d'évacuation de 20 km lourdement contaminée, pour leurs courses, les visites aux médecins, les loisirs, etc. Okuma-machi et Futaba-machi sont interdites pour les années à venir.

Selon les toutes dernières mesures à Tamura, les niveaux de radiations au 30 mars 2014 étaient de 0,14 microgray/h (plus ou moins identique à 0,14 microsievert/h).

Une clarification concernant la dose de radiations de 100 millisieverts mentionnée dans l'article : c'est environ la dose cumulée de toute une vie.

Maintenant passons à TEPCO, vous avez rendez-vous avec une plaisanterie dans le vrai sens du terme...

L'arrêt de toutes les rangées de l'ALPS était mentionné dans mon dernier article de mars, mais depuis le système d'enlèvement des multi-nucléides a été victime de nouvelles fuites et d'autres problèmes qui entraînent des arrêts constants.

Le plus triste et le plus stupide de tous doit être (ou tout du moins pour moi) celui-ci : TEPCO a sans le vouloir contaminé des réservoirs de 1000 tonnes flambant neufs en continuant d'envoyer l'eau traitée par l'ALPS, sauf que l'ALPS ne traitait pas l'eau contaminée correctement (pour des raisons obscures) et a laissé une importante quantité de beta nucléides dans l'eau.

TEPCO (ou plutôt Toshiba) n'avait aucun moyen de tester individuellement l'eau traitée par les trois rangées de l'ALPS. L'eau traitée des trois rangées va toute vers le même réservoir, à partir duquel l'eau est envoyée vers les réservoirs de stockage.

Il y a 21 de ces nouveaux réservoirs soudés neufs et TEPCO a admis que 9 d'entre eux ont été contaminés (10 millions de Bq/l de tous les beta). Je soupçonne que tous les 21 réservoirs ont été contaminés. Pourquoi ? Parce que ces réservoirs sont tous reliés par des tuyauteries et des vannes en bas des réservoirs et ils laissent les vannes ouvertes pour remplir tous les réservoirs en envoyant l'eau traitée dans le réservoir.

Maintenant, quelqu'un doit aller ramper dans les réservoirs à partir des trous d'inspection près du fond et récurer l'intérieur.

D'après le Tokyo Shinbun (26 mars 2014, partiel) :

TEPCO a continué de faire fonctionner l'ALPS, le système d'enlèvement des multi-nucléides de la centrale de Fukushima, sans remarquer de problème. Le résultat est que de nombreux réservoirs ont été contaminés par des matériaux hautement radioactifs. TEPCO dit avoir commencé à "décontaminer les réservoirs", mais ceux qui le font, ce sont les ouvriers. Comme l'ont dit les ouvriers qui ont fait la décontamination, c'était un travail pénible.

Les ouvriers ont décontaminé un réservoir près de l'ALPS qui abrite temporairement l'eau traitée par lui. Ils ont ouvert le trou d'inspection, 80 cm de diamètre, sur le côté du réservoir près du fond pour entrer dans le réservoir de 10 mètres de diamètre et de hauteur. Ils ont ouvert les deux trous d'inspection au plafond pour faire de la lumière. Ils ont aussi apporté des lampes à LED pour travailler.

Bien que le réservoir ait été lavé par le dessus avec un nettoyeur à haute pression, jusqu'à il y a quelques jours, il contenait de l'eau avec 10 millions de becquerels par litre de matériaux radioactifs dont du strontium, des centaines de milliers de fois la limite de décharge. Il y avait des beta nucléides, il y avait donc moins d'inquiétude pour une exposition aux radiations à moins d'entrer en contact direct ou qu'ils soient ingérés.

Les ouvriers portaient deux vestes étanches en plus de leur tenue de protection. Les capuches des vestes étaient étanchéisées autour des masques intégraux. Ils portaient quatre épaisseurs de gants dont des gants en caoutchouc et ils portaient de grandes bottes.

TankDecon4-1-2014.jpg

 

Pendant ce temps, j'entends dire que le président de TEPCO, M. Hirose, avait les larmes aux yeux en accueillant de nouveaux employés (nouveaux certifiés) pour la première fois en trois ans. TEPCO sur le chemin du rétablissement...

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Published by Hélios

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