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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 09:00

Quelques réflexions sur la condition des êtres humains...

Tout est falsifié – même la mort

 

Publié par Alen, 1er mars 2014

 

Parfois j'aimerais être dans la peau d'un enfant de 5 ans. J'ai toujours une mémoire précise de cette période, dans laquelle tout ce qui arrive reste plus ou moins un phénomène – rien qui n'a vraiment d'importance.


Quand je la reconsidère aujourd'hui, je me rends compte combien il est libérateur d'être sans opinions ou concepts – d'être juste là, comme témoin, et suivre tout mouvement, toute action sans y attacher une quelconque signification.

 

Bonne humeur ou mauvaise humeur

 

Je vois toujours les gens dans ma tête débattre violemment et bruyamment de sujets dont je ne connaissais rien. Je me souviens pourtant de rires, de colère, parce que ce sont des émotions et pour comprendre les émotions, pas besoin d'avoir de l'expérience.


Une chose cependant était pour moi un miracle – la rapidité avec laquelle les gens étaient emportés par leurs émotions pour une simple remarque ou un simple geste. J'espérais toujours que les choses n'allaient pas s'envenimer sinon tout le monde allait se disputer et mon père déciderait que nous devions partir immédiatement.


Mon calcul était facile, tant que les adultes étaient de bonne humeur, je savais que je pourrais jouer avec les autres enfants, mais quand les choses devenaient tendues – le jeu était terminé.

 

Jouer leur jeu

 

J'ai écrit ceci comme introduction à une prise de conscience qui a surgi quand je rentrais à la maison. Quand nous sommes enfants, nous désirons grandir aussi vite que possible pour pouvoir prendre part à ces conversations, être pris au sérieux comme un adulte.


En fait, nous souhaitons avoir la connaissance comme eux et avoir une opinion personnelle à défendre. En attendant nous ne sommes pas autorisés à avoir une opinion, donc nous attendons – impatiemment – le jour où nous pourrons enfin intervenir dans ce jeu qui nous est interdit.


Il ne me venait pas à l'idée, bien sûr, que tout ce jeu n'était pas en fait un jeu, mais une exhibition de personnalités perturbées dont le seul but était "d'avoir raison". Ils ne se souciaient jamais de ce qui était dit, mais attendaient la plus infime possibilité de lancer leurs points de vue étriqués.


On entendait parfois un rire, mais la plupart du temps c'était de la colère tournant à la frustration, en raison de l'incapacité à convertir les autres à leur petite vérité personnelle. Pour la plupart des gens c'était inacceptable, car ils avaient exactement le même but en tête – les mêmes mots sortant de différentes bouches.


Intégrité

 

Encore aujourd'hui c'est la même chose ; les gens se rassemblent pour échanger leur opinion dans ces événements nommés "conversations". Comme des adultes – ainsi qu'ils le disent. Selon moi, c'est leurs vêtements et leur taille qui les différencient le plus de leurs contreparties qui jouent dans le bac à sable – leurs enfants.


Je dois dire malgré tout que les enfants sont en comparaison des êtres raisonnables et pragmatiques. Ils expriment leurs pensées et leur sourire (qu'ils sont incapables de feindre) ne traduit aucune idée derrière leur tête.


Quand quelqu'un dit : "C'est toujours un gosse" – qu'est-ce que cela veut dire en réalité ?


Ce n'est pas un enfant au sens littéral, il n'agit pas non plus de manière infantile – n'est-ce pas ? Non, il semble toujours lui-même, il agit naturellement, sans compromission et pourtant sans naïveté. Voilà ce que nous entendons par là. Une approche nette ; le cœur ouvert, l'esprit ouvert. Parfois indulgent, mais pas faible. Un regard franc, un bon sourire – rien de plus.


C'est cependant très rare, bien sûr. La personne standard bascule dans le cauchemar – sans transition – sans s'en apercevoir – jusqu'à sa mort dans la majorité des cas.


Elle n'a aucune idée de qui elle est, ce qu'elle fait ici et où elle se dirige. Alors elle sourit – sourire artificiel – mais elle sourit. On ne peut la condamner – c'est partout pareil. Elle n'a rien de spécial, c'est l'individu moyen.

 

Pas de ce monde mais né dans ce monde

 

N'est-ce pas à quoi ça ressemble ? Vous faites tout ces trucs avec tous ces gens ; vous faites ce qu'on vous dit, mais d'une certaine manière vous ne le faites pas pour vous-même, mais pour les autres. D'abord vos parents, ensuite tous ceux qui défilent pour vous dire quoi faire.


Il y a un moment entre deux où le sourire naturel est retenu ; il dérive en une grimace qui alourdit le visage. Même chose pour le rire.


Qu'est-ce qui vous fait dire que vous êtes adulte ? Votre âge ? Vos diplômes ? Votre moustache ? Votre ex-femme ?


Je n'ai jamais compris ce concept. Pour les gens, c'est une chose purement matérielle. Ils regardent dans le miroir et voient qu'ils ne sont plus des enfants – mais des adultes avec des hémorroïdes. Le chemin a été long mais rapide pour obtenir ce visage dans le miroir. Tous ces petits indices nous disent que nous sommes adultes.


L'élément qui m'intéressait était : où se glisse la magie dans cette histoire ? La magie ressentie en tant qu'enfant : les druides, les contes de fée, les merveilles de ce monde ? Où sont-ils ?


Le plus grand handicap en grandissant est que personne ne vous dit rien d'important. La magie s'est envolée – tout est faux et seulement "dans la tête". On se le répète tellement de fois qu'on commence à le croire. Tout devient gris, car tout est "relatif" et "incertain".

 

Être un grand garçon

 

La plus grande tromperie de l'âge adulte est probablement l'idée que nous sommes un être complet à qui il manque seulement de la chance et de l'expérience. Ce sentiment de complétude est un concept, parce que personne ne nous a dit ce que nous sommes supposés faire, sauf de collectionner tout ce fourbi que nous achetons et toutes ces connaissances que nous acquérons en un gros tas avec notre nom posé dessus. Ce tas – c'est nous.

 

Le seul point faible est que nous devons mourir ; et nous ressentons cela comme une injustice. Pas tant l'aspect physique ; c'est plus le fait que cette personne est partie, que nous avons construit avec soin pendant des années. Cela n'a aucun sens.


Il est bon de savoir que nous sommes des primates évolués qui avons fait un long chemin, qui avons une histoire et des ancêtres et des enfants (ou pas) et que tout n'est pas perdu – après tout – parce que "nous" continuerons à vivre à travers nos descendants. Quel soulagement. Maintenant nous pouvons mourir en paix. Rien n'a été vain – tout ira bien.

 

Le dernier voyage

 

C'est ce que savent la plupart des gens, qu'on est juste ici par coïncidence (ça aurait pu être quelqu'un d'autre, mais on a eu de la chance) et que cette coïncidence a une chute dont nous n'aimons pas parler, parce qu'elle ne cadre pas dans le paysage.


Et comment gérons-nous les choses qui ne cadrent pas avec le paysage ? Nous les ignorons avec le mépris ou par la peur. Cela dépend du jour et des circonstances.


Ensuite pourquoi vivons-nous de manière aussi destructrice, quand nous savons que de toutes façons nous allons mourir ? Le faisons-nous pour nos enfants ? Pour de meilleurs lendemains ?


De nouveau, il est complètement illogique de nous détruire et de détruire cette planète pour nos enfants. Je pense qu'une partie de ce truc devrait sembler embrouillé – parce qu'il l'est. Les gens sont embrouillés – complètement – ils n'ont aucune idée d'où ils viennent, ils n'ont aucune idée de ce qu'ils font ici et ils n'ont aucune idée de la direction à prendre – mais ils sont très sérieux concernant leur vie.


Un enseignant spirituel a dit un jour que presque tout le monde vivent leur vie dans une peur totale et même sur leur lit de mort – ils meurent dans la peur, parce qu'ils n'ont pas la plus petite idée de qui ils sont.


Tellement reconnaissent qu'ils fuient ce fait et qu'ils ne sont pas préparés à ce dernier voyage, parce qu'il ne se trouve pas dans le scénario – alors qu'en est-il maintenant ? Le médecin vous examine (parce que de nos jours on meurt à l'hôpital) et il n'a rien d'autre à dire que des paroles de réconfort, que "tout va bien se passer" – comment diable le sait-il ?


Tout est faux – même la mort. On vous ment dès le premier jour, mais pas exprès ; on croit à ce truc, mais il les surprend aussi – inopportunément.


Vous ne savez jamais

 

C'est si drôle ; on nous enseigne tout ce bazar, mais personne ne nous dit comment vivre. C'est comme un secret bien gardé dont vous ne savez rien. Et vous occupez donc votre esprit avec un travail insensé pour ne pas réfléchir à l'inconcevable.


 

Vous engagez toute sorte de conversations si Dieu existe ou non, ou peut-être sur une autre sorte d'intelligence supérieure qui vous sauvera finalement la couenne. Mais la satisfaction n'est pas vraiment là. Elle agit – sur le moment – comme un tranquillisant, mais dès que vous êtes seul vous savez que toutes vos convictions semblent faibles et vides. C'est injuste.


Même si on sait que toute matière dans sa forme la plus basique est de l'énergie, cela ne change pas grand-chose parce que : et si c'était faux ? Vous savez comment sont les scientifiques ; un jour ils prétendent telle chose et l'autre...hum, je pense, tout n'est que relatif.

 

Vivre en pilotage automatique

 

Je pense que l'âge adulte n'est qu'une réalité consensuelle ; activée si certains paramètres sont réunis. Les joueurs eux-mêmes n'ont pas d'indices sur le sujet – mais ce qu'ils savent bien est – qu'ils doivent y arriver parce que cela leur apportera le pouvoir qu'ils n'ont pas en tant qu'enfants.

Le pouvoir et l'influence sur leurs propre vie et celle des autres. Ils veulent posséder leur propre voiture, leur propre appartement, leur propre téléphone ; pourtant leur monde intérieur n'en est pas beaucoup changé.


Et c'est le gros problème – cette vie toute entière est une situation de copier-coller. Nous l'avons vue quand nous étions enfants et tout ce que nous faisons est de reproduire le truc dans notre vie. Les expériences vont et viennent mais nous ne savons pas comment les gérer parce que personne ne nous a enseigné quoi faire. Ce n'est que le cours sans fin des choses qui nous arrivent et nos bonnes vieilles réactions aux bonnes vieilles situations.


C'est automatique, du pilotage automatique, tout ce que nous pouvons faire est d'observer les choses qui arrivent toute seules. Et c'est ce qui nous frustre ; c'est comme si nous ne pouvions rien y faire – et c'est vrai, parce que nous savons tous comment faire impression sur ce monde dans lequel nous sommes, mais nous sommes incapables de nous gérer. Nous ne nous comprenons pas, c'est trop compliqué.


Être soi-même

 

Quand je regarde les animaux, je vois l'attitude parfaite. Il n'existe aucun doute dans leur esprit sur ce qu'ils sont. Mais nous sommes remplis de peur et de doutes, parce que le doute naît de la peur et cette peur vient du fait que nous ne savons pas qui nous sommes.


C'est pourquoi les très jeunes enfants possèdent cette magie dans le comportement que nous aimons autant. C'est nous regarder comme nous sommes – avant d'avoir à gérer une identité. Nous avons créé ce moule que nous devons remplir chaque jour et il n'y a plus de temps pour nous. Ce n'est que ce rôle que nous devons jouer – les enfants ne l'ont pas.


Ils font ce qui leur passe par la tête ; ils peuvent changer de rôle et de profession à volonté ; ils ne se conforment qu'à leur propre guidance intérieure, qui sait toujours ce qui est bien pour eux.


L'art de vivre est de faire vivre en permanence cette spontanéité, parce qu'ensuite l'état adulte n'est qu'une idée remplie de présence enjouée qui sait exactement quoi faire en n'importe quelle occasion. Cette "chose" ne s'identifie jamais entièrement avec le rôle momentané.


Elle peut jouer avec – mais sait que ce n'est pas elle. C'est le moment où la vie n'a plus ce sérieux – où vous savez alors que vous n'êtes pas le danseur – mais la danse.


Source

Traduit par Hélios

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Published by Hélios - dans Evolution personnelle

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