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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 08:30

Comme le pense l'auteur, Sean Smith, "Le vrai bonheur est d'accomplir les choses qui effraient le plus". Alors accompagnons-le dans son premier saut en parachute.


 

Être heureux, c'est aussi savoir prendre suffisamment de risques.

 

 

skye-et-moi-apres-le-saut.jpeg

Skye et moi après le saut

 

 

Par Sean Smith, 7 mars 2014

 

À 13.000 pieds [à environ 4 km d'altitude, NdT], on a ouvert la porte.

 

Le vent s'est engouffré dans la cabine, la lampe verte s'est allumée – c'est le moment d'y aller.



Le premier à y aller a été un gars euphorique aux cheveux longs et aux oreilles percées qui s'est élancé de l'avion comme un chien ivre de joie qui part en balade. Le deuxième était un homme dans la vingtaine en combinaison noire avec une passion pour l'adrénaline – qui venait de revenir au sport après s'être fracturé la colonne en 5 endroits l'année précédente. Le troisième à sortir était un homme dans les 80 ans, en fait la 50ème personne de son âge à avoir obtenu un certificat de plongée – et qui paraissait toujours en grande forme.


Avant même de le réaliser, ma compagne sautait dans le ciel, se ruant violemment vers la terre. La vision la plus horrible de ma vie. La cabine était vide et c'était à mon tour, j'étais debout près de la porte à regarder juste sous moi les 4000 mètres de vide.


"Mais bon sang, qu'est-ce que je fais ?!"


Je n'arrêtais pas de me le répéter. Mais je n'allais pas renoncer, j'avais attendu ce moment toute ma vie.

J'adore l'adrénaline, voyez-vous. C'est ce qui me garde en bonne santé, c'est ce qui me rappelle que je suis vraiment en vie. Que mon cœur n'est pas fait pour rester assis quelque part ou être l'esclave de quelque désir matériel – mais qu'une joyeuse anxiété va lui faire battre la chamade. Même si j'étais terrifié par ce qui pourrait se passer ; le parachute qui ne s'ouvre pas – ou pire – qui s'ouvre et s'accroche à quelque chose – j'ai toujours persisté.


On ne garde pas de souvenirs mémorables des toutes premières secondes.


Non qu'elles ne soient pas excitantes, mais parce qu'elles sont si grisantes qu'il en devient difficile même de réfléchir. Dans ces moments-là, le corps carbure au pur instinct de survie. On n'agit pas consciemment, mais automatiquement. Ce que la plupart des sportifs appellent "l'influx" – sensation unique qui met dans un tel état de transe qu'on en devient incapable de penser, mais seulement d'être dans l'action – enivré par l'esprit-même du sport.

Le parachute de freinage s'ouvre, nous nous stabilisons. Bras étendus, tête relevée, dos penché, sensation du vent, tout regarder. Je vois l'océan, je peux voir à plus de 20 km, je vois des villes, des nuages, des maisons, des fermes, des entrepôts, des gens, des voitures, des avions, je vois tout. Je tombe librement à un rythme que je n'ai pas souvent connu et je n'avais jamais ressenti une telle adrénaline. Tomber et comprendre que je suis désormais à la merci des éléments. Il n'y a pas de "retour en arrière", il n'y a pas de nouvel essai, on y est et j'ai laissé tomber tout raisonnement pour accéder à l'état du lâcher-prise.


L'inertie agit sur moi comme jamais auparavant. Irrésistible poussée de sérotonine. GÉNIAL ! Je ne trouve pas d'autres mots. Il n'y a littéralement aucune place en moi pour du négatif, pour des pensées matérielles, des idées d'ambition, de prestige, d'angoisse, d'anxiété – je suis libre.


Le déploiement du parachute me repousse vers le haut et me sécurise. Comme l'étreinte chaleureuse du câlin maternel après une longue et dure journée. J'ai fait mon expérience et je suis toujours en vie. Je regarde au-dessus la voilure parfaite du parachute et je hurle, "Où est Skye ?!" [sa compagne] Regardant rapidement autour, je vois un parachute légèrement en dessous de moi avec une resplendissante blonde dans son harnais, "elle est saine et sauve !". Mon cœur déborde de joie, toute inquiétude a disparu, tout va bien.


Maintenant la crainte d'un parachute qui ne s'ouvre pas s'enfuit avec la vitesse de la descente. Agrippant les suspentes directionnelles nous commençons à nous diriger vers notre zone d'atterrissage, en tournant, hurlant, criant, en se débrouillant au mieux. Sensations d'une poussée de sérotonine, de dopamine, d'adrénaline, de clarté, de concentration, tous induits simultanément comme l'injection d'une drogue miraculeuse.


Le saut a été le paradis, la peur préliminaire l'enfer. Ce ne fut que lorsque mon corps s'est éjecté de cet avion que j'ai basculé dans un état de bonheur. Flottant, libre, débarrassé de tous mes doutes, sans hésitation, j'étais là et c'était trop tard pour faire machine arrière, trop tard pour réfléchir, je me suis embarqué dans le grand saut et c'est exactement là où je voulais être.


"J'ai commencé le parachutisme parce que j'aimais l'idée de liberté".  — Felix Baumgartner


Nous repoussons la peur du saut à la manière dont nous combattons les démons à la porte des enfers. Quand sauter vraiment est la seule chose que nous devons faire. Faire le saut vous éloignera de la peur et polarisera votre vision des choses, en vous montrant les étapes que vous devez franchir pour votre réussite personnelle.


Nous ne prenons pas assez de risques aujourd'hui.


Nous étions constamment testés. Nous étions chassés par des lions dans la nature ou menacés tous les jours par la nature elle-même. Nous avons évolué indifférents au risque et à son effet positif sur notre psychisme. Il nous montre que nous sommes forts, que nous avons moins à craindre que ce que nous imaginons. Ce n'est qu'en dépassant notre peur que nous pouvons réellement apprendre et grandir. En vainquant notre peur, nous évoluons. Quand nous arrivons à mettre de côté notre anxiété, à réagir instinctivement, à surmonter les obstacles et émerger victorieux, nous sommes au meilleur de nous-mêmes. Nous sommes les plus heureux à ce moment-là, parce que nous avons accompli quelque chose, quelque chose de grand, quelque chose de spécial.

Le risque à prendre peut être petit, ce peut être démarrer le snowboard. Conduire une moto pour la première fois. Ou ce pourrait être se jeter dans le vent et sauter de 10.000 pieds.


Rien ne ressortira de vraiment brillant, rien de valable n'est fait s'il n'existe pas une sorte de résistance égale. L'obscurité polarise la lumière, il faut avancer péniblement dans l'obscurité et s'abandonner pour réaliser que la lumière mérite de se battre.


Je bénis chacun des risques que j'ai vécu parce qu'à chaque fois j'ai surmonté ce risque et j'ai grandi de manière exponentielle – vous le ferez aussi.


"Plus vous êtes proche de la mort, plus vous vous sentez en vie. C'est une merveilleuse façon de vivre. C'est la seule conduite à tenir." — James Hunt

 

atterrissage.jpegL'atterrissage

 

La béatitude de la chute se prolonge longtemps après avoir atterri.


Quel sera votre chute, votre risque, votre moment décisif ?

Qu'apprendrez-vous, que créerez-vous ou que ferez-vous ? Qu'est-ce qui vous retient ? Cela ne mérite-t-il pas de le surmonter ?

Comment combattrez-vous pour gagner ?


Cela commence dès que vous le décidez. Alors démarrez, risquez, bataillez, surmontez, grandissez. Il n'y a que vous pour le mettre en route.


Vous en avez la force, vous avez juste à l'accomplir – en faisant le grand saut.



Source

Traduit par Hélios

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Published by Hélios - dans Evolution personnelle

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