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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:00

"Barbarie humaine" est un pléonasme. Il n'y a que l'humain pour inventer des tortures aussi raffinées...

À suivre deux articles pas très réjouissants mais qui reflètent des réalités du comportement humain de notre histoire : la torture. 

Le premier article nous emmène en Grande-Bretagne et parmi les esclaves noirs africains. 

Le deuxième article est plus contemporain, il traitera des "prisons" vietnamiennes pendant la guerre du Vietnam.

 

(Merci à Brigitte pour les liens)

 

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Première partie

 

 

Femmes britanniques et esclaves noirs : mêmes horribles tortures quotidiennes

 

Coutumes barbares. On avait entendu parler des esclaves noirs et de leurs dures conditions de travail, mais pas trop des tortures qu'on leur faisait subir. Les britanniques ne se vantent pas non plus des souffrances et humiliations qu'ils ont infligé aux femmes (leurs femmes) jusqu'en 1824.


Tortures d'esclaves et "muselières de la mégère"

 

 

23 septembre 2011

 

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Mulier taceat in ecclesia

Que les femmes fassent silence à l'église

 

 

Que les femmes fassent silence à l'église : pendant quatre siècles, des milliers de femmes ont subi le port de ces engins. Le principe directeur de la muselière était : que les femmes fassent silence à l'église, le mot 'église' se référant à la communauté de la paroisse, ou plus précisément, à la hiérarchie masculine de la communauté plutôt qu'a l'édifice de briques et de mortier. Une traduction ultérieure le suggère plus fidèlement – 'que les femmes fassent silence en présence du mâle'.

 

 

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Anglais ou peut-être de l'époque coloniale américaine, car les Pères Pèlerins puritains punissaient sévèrement les délits qui violaient leurs valeurs culturelles ou religieuses, ce concept et ceux qui le précédaient étaient originaires d'Écosse et populaires dans toute l'Angleterre. Il se composait d'une sorte de carcan forgé de quatre bandes métalliques, adaptée à la tête de la femme et ouvert à l'avant pour laisser le nez libre. Le bas du visage était enfermé dans une plaque creusée comportant des trous percés pour la ventilation et une petite ouverture triangulaire au niveau de la bouche par laquelle on pouvait faire passer de la nourriture et de la boisson.

 

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La bande arrière se terminait par une "queue de cochon" finement forgée. Les éléments latéraux réunissant les bandes à l'arrière comportaient de petits trous pour fixer un rivet. Cet exemple se distingue par sa petite ouverture permettant de s'alimenter et la possibilité d'un verrouillage par rivet plutôt que par un cadenas. Le premier dispositif permettait sans aucun doute de survivre avec du pain et de l'eau et les deux indiquent son usage pour une incarcération du visage à long terme. La patine ressemble à celle qu'on trouve sur les exemplaires conservés dans les collections des musées. Hauteur : 30 cm (source : Faganarms)

 

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La muselière de la mégère : "un emblème effrayant du pouvoir patriarcal et de l'extraordinaire courage des femmes"

 

 

La muselière de la mégère : c'était une structure métallique placée sur la tête de la femme. Elle comportait une pièce qui s'enfonçait dans la bouche pour l'empêcher de parler. Ces "masques de torture" étaient utilisés en Écosse au 16ème siècle et en Angleterre à partir du 17ème siècle. Son utilisation en Grande-Bretagne dura jusqu'en 1824.

 

 

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La légende "Esclave marron à Rio de Janeiro" [ le terme "marron" désignait les esclaves en fuite], basée sur un dessin de M. Bellel. La gravure ci-dessus illustre un bref article sur les esclaves fugitifs du Brésil, et dérive apparemment d'une information de première main. "Les fugitifs capturés", note l'article, "sont forcés de faire les travaux les plus durs et les plus éprouvants. Ils sont ordinairement enchaînés et sont conduits par groupes à travers les quartiers de la ville où ils portent des charges ou enlèvent les déchets des rues. Ce type d'esclavage est si effrayant qu'ayant perdu tout espoir de s'enfuir de nouveau, ils ne pensent qu'à se suicider. Ils s'empoisonnent en buvant d'une seule traite une grande quantité d'alcool fort ou s'étouffent en mangeant de la terre. Pour les priver de ce moyen de mettre fin à leurs jours, on leur fait porter un masque métallique sur le visage ; le masque n'a qu'une fente très étroite au niveau de la bouche et quelques petits trous sous le nez pour pouvoir respirer."

 

 

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Masque de l'esclave: Source:Jacques Arago, Souvenirs d'un aveugle. Voyage autour du monde par M. J. Arago . . . (Paris, 1839-40), vol. 1, p. 119



Le voyage d'Arago a eu lieu entre 1817 et 1820, pendant lequel il passa presque deux mois (de début décembre 1817 à fin janvier 1818) au Brésil, plus particulièrement à Rio de Janeiro. La gravure montrée ci-dessous, basée sur un croquis d'Arago, a pour légende "Châtiment des esclaves, Brésil". Il montre un homme non identifié et représente probablement un composé de plusieurs brésiliens mis en esclavage qu'Arago a observé dans les rues de Rio. Cette illustration est souvent mal décrite dans les sources ultérieures sur l'esclavage. Parmi les erreurs, ces sources identifient le sujet comme étant une femme, mais Arago parle explicitement du personnage comme étant masculin.

 

 

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Légende : "Têtes de nègres, punitions pour s'être intoxiqué et avoir mangé de la terre". "Le collier métallique est une punition pour l'état d'ébriété chez les femmes" alors que le masque est "une punition et un moyen préventif de ...manger de la terre". L'illustration montre aussi la scarification du visage et du corps ou ce qu'on appelait aux Indes occidentales "les marques du pays", indiquant l'origine africaine ; l'homme à droite au centre présente aussi des dents limés ou modifiées, un autre indicateur d'une naissance africaine des esclaves.

 

 

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En lien avec ce travail abolitionniste, mais paginé à la suite d'un petit poème, se trouve un essai séparé, "Méthode pour se procurer des esclaves sur la côte africaine ; avec un récit de leurs souffrances pendant le voyage et leur cruel traitement aux Indes occidentales". Cet essai s'accompagne de plusieurs gravures, incluant celle montrée ci-dessus, qui est décrite comme suit : "Une vue de face et de profil d'une tête d'africain, avec la pièce pour la bouche et le collier, les crochets placés autour pour empêcher sa fuite quand il est poursuivi dans les bois, et pour les gêner s'ils veulent poser la tête sur le sol pour se reposer. À l'endroit marqué "A" (regardez la lettre au-dessus de la bouche du personnage de droite) se trouve un fer plat qui pénètre dans la bouche, et garde donc la langue efficacement abaissée, de sorte que rien ne puisse être avalé, pas même la salive, un passage étant fait pour qu'elle s'écoule par des trous à l'avant". En bas à droite on a une vue agrandie de cet élément de bouche qui "quand il est longtemps porté, s'échauffe tellement qu'il érafle fréquemment les muqueuses". En bas à gauche on voit des entraves pour les jambes utilisées sur les navires négriers ; et aussi "des éperons qui servaient dans certaines plantations d'Antigua" (placés sur les jambes pour empêcher les esclaves de fuguer). Une autre illustration, qui n'apparaît pas partout montre un esclave fouetté sur une échelle verticale inclinée contre un arbre, et qu'un autre esclave cravache sous le regard du maître esclavagiste.

 

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La "muselière de la mégère" est une invention britannique, dont l'origine est peut-être écossaise, qui servit entre le 16ème et le 19ème siècle. C'était un instrument de contrôle, d'humiliation et pour punir le commérage qu'on installait aux femmes ennuyeuses en les réduisant efficacement au silence. Le mot "mégère" définit une nuisance publique, plus souvent une femme, qui avait l'habitude de faire des commérages et de se quereller avec les voisins, alors que la "muselière" décrit l'élément qui s'adaptait sur la bouche. La muselière de la mégère était connue aussi sous le nom de "muselière du commérage" et les maris s'en servaient couramment pour leurs épouses acariâtres ou qui proféraient des injures. L'instrument était à l'occasion utilisé chez les hommes ; il servait cependant surtout pour les femmes qui perturbaient la société machiste de l'époque.

 

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Fabriquée par les forgerons, la muselière était un appareillage en fer ressemblant à une cage. Elle avait une hauteur approximative de 23 cm et une largeur de 18 cm et s'adaptait à la tête de la femme. Le type le plus basique était fait d'une bande de fer, articulé sur le côté et qui présentait une partie en saillie, ou pièce de langue, qui pouvait être plate ou pointue qui entrait dans la bouche de la femme, maintenant sa langue abaissée. Une autre bande de fer passait au-dessus de sa tête, dont l'avant était prévu pour laisser passer le nez. Selon le modèle, la muselière pouvait être désagréable, douloureuse ou atroce et des cicatrices sur la langue n'étaient pas inhabituelles. Certaines avaient une clochette, qu'on attachait à la muselière, ce qui permettait d'entendre approcher celle qui la portait.

 

 

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Certaines maisons possédaient un crochet dans le mur à côté de la cheminée où la femme était enchaînée jusqu'à ce qu'elle promette de bien se conduire et de maîtriser sa langue. Bien que parfois mise en place chez une femme acariâtre par le geôlier local à la demande du mari ou par le mari lui-même, la muselière était souvent une condamnation punitive ordonnée par un magistrat. Les muselières judiciaires étaient plus élaborées que le type de base ; elles avaient toujours au moins une pointe et pouvaient être verrouillées. Elles possédaient aussi une chaîne attachée sur le côté de la bride, avec un anneau à son extrémité. Ce qui pouvait servir à humilier publiquement la femme en la promenant à travers la ville ou en l'attachant à un endroit désigné pour un certain temps. La durée du port de la muselière pouvait aller de 30 minutes à plusieurs heures, selon le sérieux de l'offense, temps durant lequel la mécréante ne pouvait ni manger ni boire. Il est dit aussi qu'on s'en servait pour empêcher les sorcières de psalmodier ou de lancer des sorts.

 

 

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L'illustration ci-dessus montre un esclave portant un masque en fer sur le visage ; il porte sur la tête une grande jarre en céramique. Les esclavagistes brésiliens imposaient aux esclaves enclins à manger de la terre ou des immondices à porter ce genre de masque. Cette image figure dans le livre de Debret, "scènes du Brésil".

 

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Le milieu du Moyen-Âge fut une période de violence et assoiffée de sang. À ces époques barbares, des tortionnaires cruels et sans pitié infligeaient d'horribles tortures, dont la muselière, sur les prisonniers par contrainte. Les méthodes de torture, les appareils et instruments servaient à infliger des souffrances physiques et mentales délibérées, systématiques, cruelles et injustifiées. Il n'existait pas de lois ou de règlements pour protéger les prisonniers qui affrontaient la torture. La justice la considérait comme un moyen totalement légitime pour arracher des confessions, obtenir le nom de complices ou des témoignages.

 

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Crimes qui justifiaient l'usage de la muselière

 

Différents types de torture étaient utilisés selon le crime et le statut social de la victime. Il y avait aussi des tortures différentes pour les hommes et les femmes. La muselière servait spécifiquement, à part la souffrance, à infliger d'abord une humiliation et un inconfort aux femmes.

 

 

 

Source

 

Traduit par Hélios

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Published by Hélios - dans société

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